La socca, cette galette dorée à base de farine de pois chiches emblématique de Nice, plonge ses racines dans une histoire ancienne qui remonte à la Méditerranée antique, où les légumineuses constituent un aliment essentiel pour les peuples naviguant et commerçant le long des côtes. La cuisine au four à bois à base de pois chiches concassés ou de farine de pois chiche et d'huile d'olive trouve quant à elle son origine dès l'invention de l'agriculture il y a plus de 8 000 ans, dans la région du croissant fertile, au Proche-Orient.
Les Sarrasins, en pleine conquête de l’Empire carolingien, introduisent des fritures de pois chiche dans le sud de l'Italie, notamment en Sicile où les panelles, de forme rectangulaire, sont attestées dès le IXe siècle. La farine de pois chiche devient alors la base de nombreuses recettes de fritures diverses des cuisine sicilienne et napolitaine.
Une autre version veut que la socca soit née du côté de Gênes, où une préparation similaire appelée farinata est déjà consommée au Moyen Âge : selon une légende populaire, des marins génois, pris dans une tempête, voient leurs barils de pois chiches se renverser et se mêler à l’eau salée ; n’ayant rien d’autre à manger, ils font cuire cette bouillie détrempée au soleil, découvrant ainsi une galette nourrissante et simple. De là, la recette se serait diffusée tout le long du littoral ligure et provençal, où chaque ville adopte sa propre version, façonnée par le climat, les fours, et les traditions locales. À Nice, ce mélange humble de farine de pois chiches, d’eau, d’huile d’olive et d’une pincée de sel devient peu à peu un symbole culinaire, préparé d’abord dans les foyers, puis dans les fours communaux avant de devenir l’incontournable street-food que l’on connaît aujourd’hui. Au fil du temps, la socca est ainsi devenue bien plus qu’une simple galette : un héritage méditerranéen chargé de soleil, de partage et de savoir-faire transmis de génération en génération.
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