Il débute sur scène avec le changement de siècle, en 1900 sous le pseudonyme de Rallum. Il donne alors des représentation, qui restent encore sans grand succès, dans les café-concerts et les guinguettes à matelots de la région toulonnaise. Son principal handicap : le chant, pour lequel il manque de talent. Comme beaucoup d’artistes, il traverse des périodes difficiles : les tournées sont épuisantes, les cachets modestes et les occasions de se faire remarquer rares. Pour vivre, Raimu collectionne alors les petits boulots, tantôt croupier au casino d’Aix, tantôt commerçant, puis s’installe à Marseille, au 209 boulevard de La Madeleine, aujourd’hui boulevard de la Libération.
Exempté de service militaire pour obésité, Raimu décide de se lancer dans une carrière professionnelle. Il commence par intégrer de petites compagnies de théâtre en province, jouant dans des pièces comiques ou dramatiques pour se perfectionner et gagner en expérience et en assurance. Son accent provençal, d’abord considéré comme un défaut dans certains cercles parisiens, devient peu à peu une marque de charme et d’authenticité, qui le distinguera plus tard dans ses rôles emblématiques. Son talent naturel, sa présence sur scène et son humour séduisent progressivement des directeurs de théâtre et des producteurs.
En 1908, il parvient à entrer en tant que souffleur au théâtre de l'Alhambra à Marseille, puis poursuit à l’Alcazar et le Palais de Cristal. C’est à cette époque qu’il modifie son nom de scène en « Raimu », son patronyme en verlan. Sa carrière est alors lancée, démarrant à l’image d’autres « jeunes premiers » de l’époque, tels que Fernandel ou Jean Gabin, dans un répertoire de comique troupier. Mais le véritable lancement de sa carrière intervient grâce à un autre toulonnais : Félix Mayol. Chansonnier vedette et directeur de music-hall, il le fait monter à Paris pour jouer dans son propre théâtre, le Concert Mayol. La légende est en marche : La Cigale, les Folies Bergère et le Casino de Paris le voient triompher sur scène.
C’est alors qu’éclate la Première Guerre mondiale. Finalement reconnu apte au service le 28 octobre 1914, il est mobilisé à Orange au sein du 15e Escadron du Train des Equipages Militaires et part combattre. (escadron du train des équipages militaires)[8] et part au front en septembre. Blessé lors de l’une de ses premières opérations, il perd du poids, tombe malade et est réformé en mars 1915.
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