Nanard

Le 04/11/2025 0

Dans Ladies and Gentlewouf !!!

Si je devais parler de Bernard Tapie, moi, un humble toutou qui observe le monde depuis le bas des jambes des humains, je dirais que c’est un personnage plus fascinant qu’un os bien enterré dans le jardin. Toujours en mouvement, toujours en flair, il sent les affaires et les histoires comme moi je sens les pistes dans le parc. Il aboie parfois un peu trop fort dans les médias, mais il a cette énergie qui attire les regards et fait remuer les queues – ou les foules – partout où il passe. Alors laissez-moi vous guider, à ma manière canine, dans l’univers de cet homme qui, même vu de ma hauteur, semble toujours un peu plus grand que nature.

Bernard Tapie voit le jour le 26 janvier 1943 à Paris, en plein cœur d’une France en guerre. Son enfance s’ouvre sur un décor de Paris occupé, mais la famille Tapie reste centrée sur sa vie quotidienne. Son père, Jean-Baptiste Tapie, ouvrier ajusteur-fraiseur, frigoriste, puis patron de PME issu d'une famille paysanne originaire des Pyrénées, et sa mère, Raymonde Nodot, aide-soignante, lui transmettent des valeurs de travail et de persévérance. Bien que né dans la capitale, Bernard grandit principalement à La Garenne-Colombes, une banlieue tranquille, où il développe très tôt une énergie et une curiosité hors du commun.

Dès son plus jeune âge, Bernard se distingue par son audace et son goût pour l’action. Décrit comme vif, bavard, charmeur et curieux, il n’arrive pas à rester en place et aime explorer le monde qui l’entoure. Curieux de tout, il se montre inventif et entreprenant, qualités qui le suivront toute sa vie. Ses parents observent souvent ses initiatives avec un mélange d’admiration et de perplexité : ce garçon ne semble jamais satisfait de l’ordinaire. À l’école, il montre de bonnes capacités mais s’ennuie vite : il aime les discussions, les défis, les interactions, mais supporte mal la discipline et la lenteur des cours. Ce goût pour l’action et l’indépendance se manifeste très tôt. À l’adolescence, il devient impatient de découvrir “le vrai monde” et refuse d’attendre un hypothétique diplôme pour commencer à vivre. Après un certificat d’études primaires, il poursuit pourtant son cursus scolaire jusqu'à lEcole d’électricité industrielle de Paris, qu'il quitte finalement avant l'obtention de son diplôme.

 

 

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Bernard Tapie dans la demerure familiale, années 1950

© Allan Cash Picture Library

 

 

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Dès lors, il enchaîne les petits boulots : vendeur de téléviseurs chez Téléconfiance, démarcheur à domicile, réparateur d’appareils, animateur dans les foires commerciales. Il essaye même de se lancer dans la chanson et enregistre quelques 45 tours produits par le label RCA sous le nom de Bernard Tapy. Ces expériences, parfois précaires, forgent sa personnalité : il apprend à parler aux gens, à sentir ce qu’ils attendent, à convaincre, à vendre. Il découvre surtout le pouvoir de la persuasion et de la confiance en soi, deux qualités fondatrices de son parcours futur. Dans ces années de jeunesse sans diplômes mais pleines de culot, il apprend plus qu’aucune école n’aurait pu lui enseigner comment créer sa chance, comment transformer un échec en tremplin et comment imposer sa présence dans un monde qui ne l’attendait pas.

Très vite, le jeune Bernard Tapie comprend que sa force réside dans sa capacité à convaincre, motiver et fédérer. C’est cette intuition qui le pousse à se lancer véritablement dans les affaires à la fin des années 1960. Son premier vrai coup de projecteur vient de l’entreprise de téléviseurs et d’électroménager, un secteur en plein essor avec l’arrivée des foyers modernes. Tapie fonde sa première société de vente d’appareils électroniques, Cercle n°1, profitant de la démocratisation rapide du téléviseur. Son sens du commerce et sa maîtrise de la communication lui permettent de faire croître son activité à un rythme impressionnant, mais ce n’est qu’un début.

Dans les années 1970, il change d’échelle. Associé avec Marcel Loichot, il devient ingénieur-conseil chez SEMA, spécialisé en redressement d'entreprises. En 1977, il se spécialise dans le rachat, souvent au franc symbolique,  d'entreprises en situation de dépôt de bilan dans le but de les redresser, à commencer par Diguet-Deny. Cette idée, encore peu commune à l’époque, devient sa spécialité et sa marque de fabrique. Il repère des sociétés au bord de la faillite, les restructure, les relance, puis les revend avec bénéfice. Ce modèle économique fera de lui un homme d’affaires redouté et admiré. Il fonde alors le Groupe Bernard Tapie Finance, qui devient rapidement une petite puissance dans le domaine des reprises industrielles. Parmi ses réussites emblématiques, on compte le redressement d’entreprises comme La Vie Claire (magasins bio), Terraillon (balances ménagères), Testut (machines de boucherie), Look (fabricant d’équipements de ski et de cyclisme), Wonder (fabricant de piles). Ce sens du risque calculé et sa capacité à transformer un échec en réussite bâtissent peu à peu sa réputation. Tapie devient un symbole du self-made-man à la française : un homme parti de rien, sans diplôme, mais armé d’un instinct redoutable pour les affaires et d’un charisme médiatique hors du commun.

Le succès de Bernard Tapie trouve également son fondement dans un sens inné du marketing, faisant lui-même du marketing avant même de savoir qu’il en faisait. Sans formation académique ni stratégie théorique, il possède un sens inné de la communication, de la mise en scène et de la valeur perçue. Tapie comprend que pour vendre un produit ou une idée il faut d’abord vendre une émotion, une histoire, une promesse. Il sait capter l’attention, créer un récit autour d’une marque ou d’une entreprise, et surtout faire croire à la réussite avant même qu’elle ne soit tangible.

Dans les années 1970 et 1980, alors que la communication d’entreprise en France reste très formelle, Bernard Tapie introduit une approche plus spectaculaire et directe. Il transforme chaque prise de parole, chaque conférence de presse, chaque interview en véritable démonstration marketing. Il comprend que l’image de l’entrepreneur est aussi importante que le produit qu’il vend. Tapie lui-même devient une marque : celle du succès, de la combativité, de la revanche sociale. Il cultive cette image avec soin : costume élégant, verbe haut, sourire conquérant, discours volontariste. Là où d’autres se contentent d’afficher des chiffres, lui raconte des histoires de réussite, donne envie de croire au progrès, à l’audace, à la réussite individuelle. Il devient même acteur de publicité, le petit écran se demandant à quoi marche l’impertinent patron : à la Wonder, bien sûr ! C’est bien le minimum pour participer en tenue saillante à l’émission culte de sport télévisé des années 1980, Gym Tonic, au côté des inoubliables Véronique et Davina… Ces messieurs en train de nous lire doivent d’ailleurs probablement se rappeler de l’étonnant (pour l’époque et à une heure de grande écoute) générique de fin de cette émission, qui ne devait pas les laisser de marbre…

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Mais revenons à notre Nanard… Son flair marketing s’exprime aussi dans ses entreprises. Lorsqu’il rachète Look, Terraillon ou Testut, il ne se contente pas d’assainir leurs comptes : il réinvente leur image, modernise les logos, repense le design des produits, dynamise la publicité. Il comprend avant beaucoup d’autres que le marketing, c’est la mise en valeur du potentiel, pas seulement la gestion du présent. Mais il saura aussi appliquer ces principes à d’autres domaines…

En effet, le sport a toujours occupé une place essentielle dans la vie et l’image de Bernard Tapie, non seulement comme passion, mais aussi comme miroir de sa personnalité et instrument de réussite. Pour lui, le sport représente tout ce qu’il aime : la compétition, la performance, la volonté de se dépasser, le goût du risque et de la victoire. C’est par le sport qu’il conquiert la reconnaissance populaire, bien avant la politique ou les médias. Dans les années 1980, il entre dans cet univers par la porte du cyclisme, en rachetant, nous l’avons déjà évoqué, la marque Look, alors en grande difficulté. Visionnaire, il comprend immédiatement que l’innovation et le marketing peuvent transformer une petite entreprise en marque mondiale. Sous sa direction, Look invente la pédale automatique, une révolution technique qui change à jamais le cyclisme professionnel. Mais Tapie ne s’arrête pas là : il crée en 1984 l’équipe La Vie Claire, sponsorisée par sa société, avec à sa tête des légendes comme Bernard Hinault et Greg LeMond. L’équipe remporte le Tour de France 1985 puis celui de 1986, et le maillot, inspiré du peintre Mondrian, devient un symbole du renouveau du cyclisme moderne. Tapie se passionne pour cette aventure, y mêlant la performance sportive et la communication d’entreprise, et impose un modèle de management fondé sur la motivation et la rigueur.

 

 

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© GettyImages

Fort de ce succès, il décide de transposer cette philosophie au football, en rachetant en 1986 l’Olympique de Marseille, club populaire mais alors déclinant. En quelques années, il en fait une véritable institution, à la fois sportive et médiatique. Grâce à une gestion ambitieuse, à des recrutements intelligents et à un sens du spectacle certain, Tapie transforme l’OM en une machine à gagner et en un symbole de fierté pour toute une ville. Et avec quels joueurs ! Rappelez-vous : Jean-Pierre Papin, Eric Di Médo, Alain Giresse, Manuel Amoros, Franck Sauzée, Eric Cantona, Pascal Olmeta, Marcel Dessailly, Abedi Pelé, Fabien Barthez, Didier Deschamps, Jocelyn Angloma, ou encore le Brésilien Carlos Mozer, le croate Alen Boksic, le Britannique Chris Waddle et l’Allemand Rudi Völler. Et avec quel management ! Là aussi, les noms sont prestigieux : Franz Beckenbauer en Directeur Technique, Michel Hidalgo puis Raymond Goethals en entraineurs. Sous sa présidence, le club remporte quatre championnats de France consécutifs, une Coupe de France, et surtout, en 1993, la Ligue des champions, première victoire d’un club français dans cette compétition prestigieuse. Ce triomphe, qui consacre Marseille sur la scène européenne, marque aussi le sommet de la carrière sportive de Tapie.

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© DR

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Tifo des supporters marseillais

Après avoir conquis le monde des affaires et du sport, Bernard Tapie se tourne naturellement vers la politique, un domaine où il peut mettre à profit son charisme, son sens de la communication et son goût du combat. L’engagement politique de Tapie naît au tournant des années 1980, au moment où il devient une personnalité médiatique et populaire. Il attire l’attention de François Mitterrand, alors président de la République, qui voit en lui le visage d’un entrepreneur proche du peuple, capable de séduire les classes moyennes et populaires.

Tapie incarne à merveille cette idée du rêve américain à la française, parti de rien et arrivé au sommet par le travail et la volonté, un profil que la gauche mitterrandienne cherche à valoriser. En 1988, il rejoint donc les rangs du Parti radical de gauche (PRG), allié au Parti socialiste, et devient député des Bouches-du-Rhône, dans une circonscription marseillaise où sa popularité est immense grâce à ses succès avec l’Olympique de Marseille. En 1992, il est nommé Ministre de la Ville dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy. À ce poste, il prône une politique de proximité et de rénovation urbaine, défendant l’idée que les quartiers défavorisés méritent une attention concrète, loin des discours technocratiques. Fidèle à son style, il préfère les gestes symboliques et les contacts directs avec la population plutôt que les grands plans administratifs.

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© GettyImage

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© Franck Fife / AFP

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© INA

Mais la politique française n’est pas tendre avec les personnalités flamboyantes. Tapie découvre rapidement l’hostilité d’une partie de la classe politique et médiatique, qui voit en lui un intrus, un homme d’affaires trop remuant, trop populaire, trop indépendant pour respecter les codes. Ses coups d’éclat et son franc-parler dérangent à tel point que beaucoup n’hésiteront pas à profiter de ses ennuis judiciaires pour tenter de l’assassiner politiquement.

Car dès 1993 éclate l’affaire VA-OM (Valenciennes – Olympique de Marseille). Plusieurs joueurs de Valenciennes révèlent avoir été approchés pour lever le pied lors d’un match de championnat afin de ne pas fatiguer les Marseillais avant une finale européenne. Tapie, accusé d’avoir cautionné ce système de corruption, clame son innocence mais devient la cible d’un déchaînement médiatique. L’enquête, puis le procès, débouchent sur sa condamnation à de la prison ferme pour corruption et subornation de témoins en 1995 et à la rétrogradation administrative de son club. Il est incarcéré six mois à la prison de la Santé, un épisode qu’il raconte plus tard comme une épreuve humaine douloureuse mais fondatrice. Cette chute brutale, après des années de succès et de gloire, marque un tournant dans sa vie : Bernard Tapie, jadis symbole de réussite, devient l’icône de la déchéance médiatique.

Mais l’affaire qui hantera le plus sa vie reste celle du Crédit Lyonnais / Adidas. En 1992, Tapie revend la marque Adidas, qu’il avait brillamment redressée alors qu’elle était au bord de la faillite, rendue hasbeen par Nike et Reebok, à la banque publique Crédit Lyonnais. Quelques années plus tard, il découvre que la banque a revendu l’entreprise à un prix bien plus élevé, réalisant une plus-value cachée. Estimant avoir été floué, il engage une longue bataille judiciaire contre l’État français et le Crédit Lyonnais. Cette guerre judiciaire, qui dure plus de vingt ans, devient un feuilleton politico-financier hors norme. En 2008, un tribunal arbitral privé lui accorde 403 millions d’euros d’indemnisation, une décision immédiatement contestée par la Cour de cassation, qui jugera plus tard l’arbitrage frauduleux. Tapie est alors accusé d’avoir bénéficié d’un arbitrage truqué, impliquant notamment la ministre de l’Économie de l’époque, Christine Lagarde. Après de multiples rebondissements, il est finalement relaxé en 2019, la justice estimant qu’il n’y a pas eu de manœuvre frauduleuse de sa part. Ce verdict tardif, qu’il accueille avec émotion, n’efface en rien les années de suspicion et d’humiliation publique qu’il a subies.

En parallèle, Bernard Tapie est visé par d’autres procédures pour abus de biens sociaux, faux et usage de faux, ou fraude fiscale, souvent liées à la complexité de son empire industriel. Chaque fois, il se défend avec la même énergie, transformant ses procès en tribunes pour dénoncer ce qu’il perçoit alors comme un acharnement du système contre un homme qui n’est pas né du sérail. Sa relation avec la justice aura donc été marquée par la confrontation : un combat de principe autant que personnel, entre un homme qui refuse de plier et une institution qu’il accuse de partialité.

En définitive, les affaires judiciaires de Bernard Tapie révèlent toute l’ambiguïté de son personnage : mi-héros, mi-anti-héros, à la fois victime et provocateur, courageux et imprudent. Elles contribuent à forger sa légende, celle d’un homme qui a tout connu, gloire, richesse, prison, réhabilitation, sans jamais perdre cette rage de vivre qui le caractérise.

 

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Cependant, loin de l’abattre, les affaires vont le galvaniser pour revenir une nouvelle fois là où on ne l’attend pas. C’est dans le cinéma et la télévision que Bernard Tapie va véritablement surprendre. En 1996, après sa sortie de prison, il entame une seconde carrière en tant qu’acteur, choisissant souvent des rôles à son image : des hommes durs, charismatiques, à la morale ambiguë, souvent en lutte contre le système. Il fait une apparition remarquée dans le film Hommes, femmes, mode d’emploi réalisé par Claude Lelouch en 1996, où il partage l’affiche avec Fabrice Luchini, dans un rôle inspiré de lui-même, entre arrogance et tendresse. La performance étonne : Tapie s’y montre crédible, sensible, capable de jouer la fragilité derrière le masque du battant. Par la suite, il incarne en 2001 le rôle principal dans la série télévisée Commissaire Valence, diffusée sur TF1. Il y joue un commissaire de police intègre, énergique et rusé, un personnage populaire qui lui colle à la peau et lui permet de reconquérir le cœur du grand public. La série, qui durera plusieurs saisons, contribue à humaniser son image, le présentant non plus comme un homme d’affaires sulfureux, mais comme un justicier proche du peuple, fidèle à sa manière d’incarner les contradictions françaises. Il participe aussi à des pièces de théâtre, notamment Les Montagnes russes en 2003, où il partage la scène avec Nicole Calfan

 

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Dans les années 2010, Tapie est à nouveau sur le devant de la scène, mais cette fois comme symbole de résilience. Malgré les accusations, il continue de défendre son honneur avec la même flamme. Puis, en 2017, un nouveau combat s’impose à lui, plus intime et implacable : il apprend qu’il est atteint d’un double cancer de l’estomac et de l’œsophage. Fidèle à son tempérament, il choisit d’affronter la maladie publiquement, sans pathos, avec un courage qui force le respect. Il apparaît régulièrement à la télévision, amaigri mais souriant, affirmant qu’il n’abandonnera jamais le combat. Ses interviews, souvent poignantes, révèlent un homme apaisé, plus philosophe, qui parle de la vie, de la mort, de la transmission et de l’amour avec une sincérité désarmante. Pour beaucoup, il devient alors un modèle de dignité face à la souffrance, prouvant que même diminué, il reste ce battant indomptable qu’il a toujours été.

Jusqu’à ses derniers mois, Bernard Tapie refuse de se retirer du monde. Il continue à donner des conférences, à répondre aux journalistes, à encourager l’Olympique de Marseille, son club de toujours. Sa maison de Saint-Tropez et son hôtel particulier parisien deviennent des refuges où il se ressource auprès de sa famille. Entouré des siens, il mène son ultime bataille avec la même force intérieure qu’il a mise dans tous ses combats. Le 3 octobre 2021, Bernard Tapie s’éteint à l’âge de 78 ans, suscitant une immense émotion populaire : des milliers de Marseillais descendent dans la rue pour lui rendre hommage, des banderoles « Merci Tapie » s’affichent au stade Vélodrome, et une messe d’adieu est célébrée dans la Bonne Mère, la basilique Notre-Dame-de-la-Garde.

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La fin de sa vie, pleine de douleurs mais aussi de réconciliation, aura finalement révélé la véritable dimension humaine de Bernard Tapie : au-delà du personnage public, du chef d’entreprise ou du politique, il restera pour beaucoup un homme de courage, un combattant jusqu’au bout, fidèle à son mot d’ordre : ne jamais lâcher. Sa mort a clos une existence hors du commun, faite de triomphes et de chutes, mais surtout d’une passion inextinguible pour la vie, les autres et le défi.

En wouffer plus...

Un moment politique marquant :

Le duel Le Pen–Tapie, diffusé le 3 septembre 1989 dans l’émission 7 sur 7, oppose Jean-Marie Le Pen, patron du parti d'extrême droite Front national, à Bernard Tapie, alors ministre de la Ville. Devant près de dix millions de téléspectateurs, Tapie affronte Le Pen avec vigueur, dénonçant son discours raciste et ses solutions simplistes. Le ton est tendu mais maîtrisé, Tapie cherche à révéler les contradictions du programme frontiste. Ce débat marque les esprits comme un moment fort de la lutte médiatique contre l’extrême droite, symbolisant le choc entre populisme et républicanisme à la fin des années 1980.
 

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Si vous souhaitez prolonger le sujet "Bernard Tapie", nous vous recommandons la mini-série diffusée sur Netflix, retraçant sa vie mouvementée, magistralement interprété par Laurent Lafitte. En sept épisodes, la série explore l’ascension d’un homme ambitieux parti de rien, devenu tour à tour entrepreneur, chanteur, homme politique et patron de l’Olympique de Marseille, avant sa chute retentissante dans les scandales. Sans être un simple biopic, la série dresse le portrait d’un personnage charismatique, contradictoire et fascinant, entre réussite éclatante et excès tragiques, tout en questionnant la frontière entre génie, opportunisme et moralité.
 

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