Allez les bleus !!!

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Dans Ladies and Gentlewouf !!!

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un garçon du Sud qui a grandi entre soleil, terrains poussiéreux et rêves plus grands que lui : Zinedine Zidane. Sous ma petite truffe de reporter canin, il n’a jamais été une simple légende du football parmi d’autres. Pour nous, chanceux provençaux, il est d’abord ce gamin de La Castellane qui a grandi avec la lumière du Sud, le parfum des terrains poussiéreux et la douceur têtue des familles venues bâtir leur avenir en Provence. Quand je remue mes moustaches en pensant à lui, je vois un môme qui dribble comme on esquive le mistral, qui avance avec cette élégance tranquille que seuls les gens du soleil possèdent. Dans cet article, je vous raconte Zidane non pas comme l’icône mondiale, mais comme le fils du pays, celui dont les racines sentent la garrigue, la mer et les soirées d’été où l’on rêve plus grand que soi.

L'histoire du petit Zinedine Yazid Zidane s’enracine profondément dans un quartier où tout semble à la fois rude et chaleureux : La Castellane, à Marseille. Il naît le 23 juin 1972 dans une famille nombreuse, cinquième enfant d’une fratrie soudée, où l’on vit simplement, où l’on partage beaucoup et où l’on apprend très tôt la valeur du respect. Son père, Smail, originaire de Kabylie, travaille comme ouvrier du BTP et sa mère, Malika, tient la maison avec une rigueur douce. L’appartement de la place Tartane est petit, les moyens limités, mais l’ambiance est stable, protectrice, structurante. Zinedine est un garçon discret, presque effacé, qui parle peu, mais qui observe beaucoup. À l’école, il n’est pas turbulent : il écoute, il se concentre, il reste dans son coin. Mais dès qu’il sort dans les petites places du quartier, son monde s’ouvre.

C’est là, sur le béton chaud, que se forge le futur maestro. Zidane passe des heures à jouer, parfois du matin au soir, avec les copains du quartier ou seul, en répétant inlassablement les mêmes gestes contre les murs. Il perfectionne son contrôle, son toucher de balle, sa manière de glisser entre les autres. Les anciens se souviennent d’un gamin poli, toujours prêt à aider, mais qui, ballon au pied, devenait un autre : vif, inspiré, presque insaisissable. Il n’a pas encore l’élégance majestueuse qu’on lui connaît aujourd'hui, mais il possède déjà cette vision du jeu, cette capacité à anticiper, à sentir les mouvements avant qu’ils ne se produisent. À la maison, on ne parle pas de gloire ou de carrière : on parle de travail, de dignité, de rester humble. Cette éducation stricte mais bienveillante façonne un enfant qui ne cherche jamais à se mettre en avant. Pourtant, son talent attire l’attention. À 9 ans, il rejoint l’AS Foresta, le club de La Castellane, l’année d’après l’US Saint-Henri, club du quartier voisin, puis celui de Septèmes-les-Vallons, où ses entraîneurs remarquent immédiatement sa technique exceptionnelle. Il est encore frêle, encore timide, mais il possède une détermination rare : il recommence, il répète, il perfectionne. Rien n’est laissé au hasard. Le 23 juin 1984, il assiste à la demi-finale de l'Euro qui voit opposer la France au Portugal au stade Vélodrome en tant que ramasseur de balles. Un rêve !

Son enfance est faite de soleil, de béton, de famille, de silence et de ballon. Une enfance modeste, mais d’une richesse intérieure immense. C’est dans ce décor, loin des projecteurs, que se construit le futur Zizou : un enfant du Sud, façonné par la Provence, par Marseille, par la patience et par l’amour du jeu.

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© Getty Images

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© Jean Varraud (ZZ premier au bas, à droite)

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© L'Equipe

Repéré presque par hasard, Zinedine Zidane entre dans le monde du football professionnel avec la même discrétion que celle qui a marqué son enfance. Tout commence en 1986, lorsqu’il participe à un stage de trois jours organisé par le Centre régional d'éducation populaire et de sport (CREPS) d'Aix-en-Provence avec la sélection des meilleurs cadets de la Ligue Méditerranée. Parmi les éducateurs présents se trouve Jean Varraud, recruteur de l’AS Cannes. En observant ce garçon frêle, silencieux, qui semble fusionner avec le ballon, Varraud comprend immédiatement qu’il a devant lui un talent rare : un contrôle de balle d’une finesse inhabituelle, une vision du jeu instinctive, une manière de se déplacer qui n’appartient qu’aux très grands. Il revient plusieurs fois, discute avec la famille, rassure les parents et finit par convaincre les Zidane de laisser leur fils tenter sa chance sur la Côte d’Azur, à la seule condition qu’il soit logé en famille d’accueil, au sein d'un foyer familial. Ce sera chez les Elineau, à Pégomas.

À 14 ans, Zinedine quitte Marseille pour intégrer le centre de formation de Cannes, alors sous les ordres de Guy Lacombe, champion olympique de football quelques années plus tôt. Le choc est immense : nouvelle ville, nouvelle discipline, nouvelles exigences. Il apprend à se structurer, à s’affirmer, à transformer sa timidité en force. Sur le terrain, il progresse à une vitesse fulgurante. Les éducateurs lui demandent de travailler son caractère, de ne pas se laisser bousculer, mais ils savent qu’ils ont entre les mains un joueur d’une élégance naturelle.

Le 20 mai 1989, à l’âge de 17 ans, Zinédine Zidane débute en première division au stage de la Beaujoire face au FC Nantes, équipe composée notamment de Marcel Desailly et Didier Deschamps. Entré à douze minutes de la fin, il parvient à tirer sur le poteau et Cannes obtient le match nul 1-1. À l'issue de la rencontre, Zidane et ses coéquipiers touchent une « double-prime » de 5 000 francs alors que le salaire habituel de son contrat d'aspirant est autour de 700 ou 1 000 francs. Un an plus tard, toujours face à Nantes, il marque son premier but professionnel, décrochant au passage la Renault Clio rouge que le président de Cannes, Alain Pedretti, lui avait promise s’il trouvait le chemin des filets.

 

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© MaxPPP

C’est également à cette époque qu’il rencontre Véronique Fernández, âgée de 18 ans. Aveyronnaise de parents espagnols nés en Andalousie, elle est comme Zinedine, issue d'un milieu social relativement modeste. Par la suite, ils s'installent ensemble dans un studio de la région cannoise. Véronique est inscrite au conservatoire de danse. Passionnée, disciplinée, elle possède ce même mélange de douceur et de détermination qui caractérise son jeune ami. Leur rencontre se fait de manière simple, presque anodine : des amis communs, des sorties d’étudiants, un petit cercle de jeunes qui vivent loin de leur famille et se soutiennent dans une ville nouvelle. Zidane, timide et réservé, est immédiatement touché par la personnalité calme et attentive de Véronique. Elle, de son côté, remarque ce garçon discret, poli, qui ne parle pas beaucoup mais qui dégage une force tranquille. Très vite, leur relation devient un pilier dans la vie du jeune joueur. Leur couple se construit dans la simplicité : des promenades, des repas modestes, des soirées à discuter de leurs rêves respectifs.

En 1992, Zinedine rejoint les Girondins de Bordeaux, entrainé par un autre Marseillais de naissance, Roland Courbis. Véronique le suit, preuve de la solidité de leur lien et le couple s’installe dans le quartier bordelais de Caudéran. Le 28 mai 1994, Véronique et Zinédine Zidane se marient au château du Haillan, siège social du club.

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© L'Equipe

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© Purepeople

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© L'Equipe

À Bordeaux, Zidane s’épanouit techniquement : il devient le chef d’orchestre de l’équipe, celui qui dicte le tempo, ralentit ou accélère le jeu selon son intuition. Son toucher de balle, déjà exceptionnel, gagne en maturité ; ses passes deviennent plus tranchantes, ses frappes plus précises, et sa capacité à lire le jeu avant tout le monde se révèle au grand jour. Aux côtés de joueurs comme Christophe Dugarry et Bixente Lizarazu, il forme un trio qui marque durablement l’histoire du club. Les supporters bordelais voient rapidement en lui un joueur différent, capable de gestes que les autres n’osent même pas imaginer.

Cette période est aussi celle de ses premières grandes scènes européennes. La saison 1995‑1996 reste mythique : Bordeaux, pourtant loin d’être favori, réalise un parcours incroyable en Coupe UEFA, éliminant tour à tour des équipes prestigieuses. Zidane y brille de mille feux, notamment lors du match retour contre le Milan AC, où il offre une prestation magistrale qui impressionne toute l’Europe. Ce parcours jusqu’en finale, perdue contre le Bayern Munich, fait de lui une star montante du football continental. C’est à Bordeaux que les grands clubs commencent à le surveiller de près, que les recruteurs italiens prennent des notes, que la Juventus comprend qu’un joueur hors norme est en train d’éclore. En quatre saisons, Zidane passe de jeune talent prometteur à joueur incontournable, et c’est cette ascension bordelaise qui ouvre la porte à son transfert à Turin en 1996, point de départ de sa légende mondiale.

Le passage de Zidane à Turin, de 1996 à 2001, marque son entrée dans une autre dimension : celle des très grands, des joueurs qui façonnent l’histoire du football. En signant à la Juventus, il rejoint un club mythique, habitué aux titres, à la rigueur et à l’exigence absolue. Dès son arrivée, il découvre un environnement où chaque détail compte : entraînements millimétrés, discipline de fer, culture de la victoire. Pour un joueur discret comme lui, ce choc est immense, mais il s’adapte avec une rapidité impressionnante. Sous la direction de Marcello Lippi, Zidane affine son jeu, gagne en puissance, en endurance, en autorité. Il n’est plus seulement un artiste du ballon : il devient un stratège, un joueur complet, capable de dominer le milieu de terrain face aux plus grandes équipes d’Europe. Au côté de son partenaire privilégié Alessandro Del Piero, sa première saison est un triomphe : il remporte le Scudetto, atteint la finale de la Ligue des champions, et s’impose comme le maître à jouer de la Juventus. Son élégance, sa capacité à ralentir ou accélérer le jeu, ses contrôles orientés et sa vision exceptionnelle fascinent l’Italie, pays pourtant réputé pour son exigence tactique.

Au fil des saisons, Zidane devient l’âme de la Juventus. Il remporte un deuxième championnat, multiplie les performances de haut niveau et s’impose comme l’un des meilleurs joueurs du monde. Turin est aussi le lieu où il gagne en maturité : il apprend à gérer la pression, à supporter les attentes immenses d’un club habitué aux sommets, à devenir un leader silencieux mais incontestable. Ses duels en Serie A, face à des défenses rugueuses et des milieux de terrain impitoyables, forgent son caractère et renforcent son influence sur le jeu. À la fin de son aventure italienne, il est considéré comme un joueur total, un artiste devenu champion, un homme capable de porter une équipe sur ses épaules. Ce passage à Turin, fait de rigueur, de titres et de transformation personnelle, prépare son transfert historique au Real Madrid en 2001, où il entrera définitivement dans la légende.

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© Vidafan.co

La Coupe du monde 1998 et l’Euro 2000 forment le diptyque qui a fait de Zidane non seulement un immense joueur, mais une figure nationale, presque mythique. En 1998, il arrive au Mondial avec une réputation solide, forgée à la Juventus, ainsi qu’une expérience de déjà quatre ans en Equipe de France, mais il n’est pas encore l’icône que la France entière connaît. Le tournoi débute difficilement pour lui : un carton rouge contre l’Arabie saoudite dès le second match, une suspension, des critiques. Pourtant, le destin bascule le 12 juillet 1998, au Stade de France. En finale contre le Brésil, Zidane inscrit deux buts de la tête, deux gestes inattendus pour un joueur réputé pour son toucher de balle. Ces deux coups de casque deviennent instantanément des symboles : celui d’un pays qui se rassemble, celui d’un joueur qui transcende son équipe, celui d’un moment où la France découvre qu’elle peut gagner la plus grande compétition du monde. Zidane ne marque pas en demi-finale, ne brille pas à chaque match, mais il illumine la finale, et c’est cette lumière-là qui change tout. À 26 ans, il devient « Zizou », un nom qui dépasse le football, un visage qui incarne la victoire, la maîtrise, la sérénité et la réussite d'une france black-blanc-beur.

Deux ans plus tard, à l’Euro 2000, Zidane atteint son apogée. Là où 1998 fut un sommet émotionnel, 2000 est un sommet technique. Il domine le tournoi de bout en bout, comme rarement un joueur l’a fait dans une compétition internationale. Ses performances contre l’Espagne et le Portugal sont encore considérées comme des chefs‑d’œuvre : contrôle orienté, accélérations soudaines, passes millimétrées, coups francs décisifs. Il joue avec une facilité déconcertante, comme si le tempo du match lui appartenait. En demi-finale, son penalty en or contre le Portugal est un moment suspendu, un geste de pure maîtrise. La France remporte l’Euro en battant l’Italie, et Zidane est élu meilleur joueur du tournoi. Cette période 1998‑2000 scelle son statut : il n’est plus seulement un grand joueur, il est le leader d’une génération dorée, l’architecte du jeu, celui qui fait basculer les matchs par son intelligence et son élégance. Ensemble, ces deux compétitions racontent l’histoire d’un homme qui a su transformer son talent en destin, et son destin en légende.

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Le passage de Zidane au Real Madrid, de 2001 à 2006, est celui où il entre définitivement dans la légende. Son transfert, pour 75 millions d’euros, est alors le plus cher de l’histoire : un symbole fort qui montre à quel point le club madrilène voit en lui le joueur capable d’incarner le projet des Galactiques. À Madrid, Zidane découvre un environnement unique : un club immense, une pression permanente, un vestiaire rempli de stars (Luis Figo, Raúl, Ronaldo, David Beckham) et une attente démesurée du public du Santiago Bernabéu. Pourtant, loin d’être écrasé par cette constellation, il s’y installe avec une élégance naturelle. Dès ses premiers matchs, il impose son rythme, sa manière de faire respirer le jeu, son contrôle orienté qui semble suspendre le temps. Il devient le chef d’orchestre d’une équipe construite pour briller, celui qui relie les talents, qui donne de la cohérence à un ensemble parfois trop flamboyant pour être équilibré.

Le sommet de son aventure madrilène arrive en mai 2002, lors de la finale de la Ligue des champions contre le Bayer Leverkusen. Ce soir-là, Zidane inscrit l’un des plus beaux buts de l’histoire du football : une volée du gauche, parfaite, qui vient se loger dans la lucarne. Ce geste, devenu iconique, résume tout ce qu’il est au Real : un artiste capable de transformer un instant en éternité. Au fil des saisons, il remporte la Ligue des champions, la Liga, la Supercoupe d’Espagne, et devient l’idole du Bernabéu, respecté pour son talent mais aussi pour son comportement exemplaire. Même lorsque les résultats deviennent plus irréguliers, Zidane reste la figure centrale, le joueur que le public vient voir, celui qui incarne le football pur. Il quitte le club en 2006, après une dernière saison marquée par des hommages immenses, et son dernier match au Bernabéu est une ovation interminable. À Madrid, il n’a pas seulement gagné des titres : il a laissé une empreinte esthétique, une trace indélébile dans l’histoire du club, celle d’un joueur qui a fait du ballon un instrument de poésie.

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© UEFA Champions League

Le Mondial 2006 représente la part sombre, complexe, presque tragique de la légende Zidane. À 34 ans, il dispute sa dernière compétition, déjà auréolé de son statut de héros national. Et pourtant, ce tournoi commence difficilement : la France peine, Zidane semble fatigué, le jeu manque de rythme. Puis, comme en 1998 et 2000, quelque chose se réveille en lui. À partir des huitièmes, il redevient le maestro : une prestation magistrale contre l’Espagne, un match d’exception contre le Brésil où il ridiculise Ronaldo, Ronaldinho et Kaká par sa seule intelligence de jeu, puis une demi-finale contre le Portugal où il porte l’équipe avec une autorité sereine. Le monde entier s’incline : Zidane, à 34 ans, est encore le meilleur joueur du tournoi. La finale contre l’Italie semble être le dernier chapitre parfait d’une carrière immense. Il marque un penalty d’une audace folle, une panenka en finale de Coupe du monde, sous les yeux du monde entier. Le geste est sublime, presque insolent. La France mène, puis se fait rejoindre. Le match devient tendu, nerveux, étouffant. Zidane, jusque-là maître de tout, commence à s’agacer des provocations italiennes.

Et puis survient l’instant qui fissure la statue. À la 110ᵉ minute, Marco Materazzi l’insulte violemment. Zidane, habituellement si calme, si maître de lui, se retourne, avance, et lui assène ce coup de tête devenu l’un des gestes les plus célèbres (et les plus incompris) de l’histoire du sport. Le monde entier reste figé. Le capitaine de l’équipe de France, l’homme qui porte le pays depuis dix ans, est expulsé lors de son dernier match, sa dernière finale, sa dernière apparition sur un terrain. La France perd aux tirs au but. L’image de Zidane quittant la pelouse, tête basse, passant à côté de la Coupe du monde sans la regarder, devient un symbole déchirant. Ce geste, il ne l’a jamais renié : il l’a expliqué, assumé, sans chercher d’excuse. Le Mondial 2006 est sa part sombre, mais aussi sa part humaine : celle d’un homme qui, après une carrière faite de maîtrise et d’élégance, a connu une faille, un instant de trop, un moment où l’émotion a pris le dessus. Et c’est aussi cela qui fait de Zidane une figure unique : un champion immense, mais jamais un personnage lisse. Une légende, avec ses ombres et ses éclats.

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© The Guardian

Démarre alors pour lui une seconde vie, presque une seconde carrière, où l’homme discret et élégant qu’il a toujours été se révèle sous un autre angle : celui d’un stratège calme, d’un leader silencieux, d’un gestionnaire d’hommes d’une rare finesse, un entraineur de talent. Tout commence en 2013, lorsqu’il rejoint le staff du Real Madrid comme adjoint de Carlo Ancelotti. En janvier 2014, il obtient le diplôme de manager général de club sportif professionnel, qu'il a passé au Centre de droit et d’économie du sport de Limoges après avoir obtenu un brevet d'État d'éducateur sportif 1er degré puis d'entraîneur de football .

A Madrid, il observe, apprend, écoute. Puis il prend en main la Castilla, l’équipe réserve, où il façonne sa philosophie : un football simple, fluide, basé sur la maîtrise technique et la confiance accordée aux joueurs. En janvier 2016, il est propulsé à la tête de l’équipe première du Real Madrid en remplacement de Rafael Benitez. Beaucoup doutent : trop inexpérimenté, trop calme, trop peu démonstratif. Mais Zidane, fidèle à lui-même, ne répond pas par les mots : il répond par les résultats. Ce qui suit est l’une des plus grandes réussites de l’histoire du football moderne. En deux ans et demi, il remporte trois Ligues des champions consécutives (2016, 2017, 2018), un exploit jamais réalisé dans l’ère contemporaine. Sous sa direction, le Real Madrid devient une machine à gagner, mais une machine humaine : Zidane protège ses joueurs, apaise les tensions, gère les ego avec une intelligence rare. Il sait parler à Cristiano Ronaldo, rassurer les jeunes, responsabiliser les cadres. Tactiquement, il n’est pas un théoricien rigide : il est un pragmatique, un lecteur de situations, un entraîneur qui comprend mieux que quiconque ce dont ses joueurs ont besoin pour être au sommet. Après un premier départ en 2018, il revient en 2019 pour stabiliser un club en crise et remporte encore une Liga. Son passage sur le banc du Real Madrid laisse une empreinte immense : celle d’un entraîneur qui a su transformer son aura en autorité, son calme en force, et son expérience en vision. Zidane entraîneur, c’est la preuve qu’un génie du terrain peut aussi devenir un maître du vestiaire.

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© Irina R.H. - Bestimage

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© Dorian Waymel - AFP

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© Genya Savilov - AFP

Cela ne vous aura pas échappé… l’Equipe de France n’a pas agrafé de troisième étoile sur son tricot à l’issue du Mondial qui vient de s’achever. En parallèle, le sélectionneur en poste de puis 14 ans, Didier Deschamps, a annoncé qu’il s’agirait de sa dernière compétition à la tête des Bleus.. La question qui revient comme un leitmotiv depuis des années est simple : et après, Zidane ? 

La nomination officielle a eu lieu ce jour 28 juillet 2026. Après un suspense intensen est finalement nommé... Zinedine Zidane !!! Un rève, dira-t-il dans la conférence de presse suivant son accession au graal.

Désormais à la tête de l’Equipe de France, dont il possède en tant que joueur le même palmarès que son illustre prédécesseur, à lui d’écrire son histoire, de mener ses Hommes à la réussite sur le prochain Euro, puis le prochain Mondial et, peut-être, permettre à un enfant de Bondy passé par l’AS Monaco d’obtenir un encore plus grand palmarès : 2 coupes du monde dans une même carrière de joueur.  Zidane rejoindrait alors d’autres entraineurs au firmament du football, vainqueur du précieux trophée en qualité de joueur et entraineur : le Brésilien Mario Zagallo, l’Allemand Franz Beckenbauer et notre Didier Deschamps national… A moins que l’un de ses enfants ne finisse par lui voler la vedette…

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© Fédération Française de Football

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