Lurs

Dominici

L'affaire Dominici

Le 20/02/2026

Je ne comprends pas tout, moi, je ne suis qu’un chien. On dit souvent que mes oreilles entendent mieux que celles des humains, mais ce que mes ancêtres canins entendent cette nuit-là, dans la vallée de la Durance, personne n’a su vraiment l’écouter. Le vent porte des odeurs étranges, des pas nerveux, un parfum de peur, et puis ces claquements secs, comme des coups de tonnerre, mais trop proches, trop rapides

Ils sont couchés là, près d’une ferme, à surveiller les ombres qui glissent entre les tas de bois et la route poussiéreuse, levant l’oreille et ouvrant un œil au bruit d’intrus : une famille étrangère, fatiguée, qui plante sa tente à quelques pas. Rien d’hostile. Juste des voyageurs en quête d’un peu de repos. Et pourtant, au petit matin, plus rien n’est comme avant : des humains affolés, des policiers qui parlent fort, des odeurs de poudre et de sang. Tous pointent du doigt, se disputent, fouillent chaque recoin, mais aucun ne leur demandent ce qu’ils ont vu, ou senti. Et pourtant, cette affaire va faire du bruit. Beaucoup de bruit. Une histoire que les hommes se raconteront pendant des années, sans jamais être sûrs de la vérité. Sans jamais être certains de ce qui s’est passé cette nuit, une nuit où les secrets ont aboyé plus fort que mes ancêtres canins.