Villa Fleur du Cap

Le 16/11/2025 0

Dans A la niche !

James Bond will return…

Et sa villa aussi !!! Moi Robin, agent immobilier de luxe, je vous ai déjà emmené visiter la Villa Roc Fleuri, qui a appartenu au regretté Sean Connery, le seul mec, avec Alain Delon, pour lequel maman aurait pu quitter papa. Pas de chance pour elle, ils sont mourus tous les deux, hihihi… Par contre, il faut croire que l’agent 007 aime bien le Sud de la France, parce qu’il y a acquis une autre villa, cette fois à Saint-Jean Cap Ferrat. Suivez-moi donc à la découverte de la Villa Fleur du Cap, ancienne propriété de David Niven, qui a interprété le héros créé par Ian Fleming dans le parodique Casino Royale, coréalisé en 1967 par Val Guest, Kenneth Hughes, John Huston, Joseph McGrath et Robert Parrish.

La construction de la demeure, aujourd’hui connue sous le nom de Villa La Fleur du Cap, révèle l’essor de la presqu’île de Saint‑Jean‑Cap‑Ferrat comme nouvelle destination de villégiature à la fin du XIXᵉ siècle.

En 1880, le négociant niçois en huile d’olive Alfred Bounin, profitant de la prospérité liée aux oliveraies de la Côte d'Azur, acquiert plusieurs parcelles sur la promenade (qui deviendra la Promenade Maurice Rouvier), réunissant un petit cap avancé sur la mer, pour une surface totale de terrain d'environ 2 780m². Sur ce promontoire, il fait bâtir dans un style architectural éclectique typique des villas de prestige construites sur la Côte d’Azur à la charnière des XIXᵉ et XXᵉ siècles, une première habitation modeste, baptisée L’Isoletta, conçue pour servir de refuge. C’est un lieu de calme, où il peut « chevaucher ou nager », selon les sources et qu'il renomme peu après Villa Lo Scoglietto (le petit rocher, en dialecte), soulignant l’identité maritime et littorale de la propriété.

Après le décès d’Alfred en 1903, c’est son neveu, Paul Bounin, qui prend la relève et orchestre d’importantes transformations entre 1905 et 1913.

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© Andy Lees

Ces agrandissements donnent à la villa son allure actuelle, mêlant influences italiennes, classiques et balnéaires. Les façades, élégamment rythmées par des ouvertures symétriques, sont rehaussées d’enduits clairs et d’éléments ornementaux sobres, soulignant le raffinement sans ostentation. Le bâtiment principal s’élève sur deux niveaux, coiffé d’une toiture discrète, et s’ouvre largement sur la mer, profitant d’une situation en surplomb rare sur la presqu’île. Le jardin, soigneusement paysagé, intègre un petit temple circulaire d’inspiration antique, ajoutant une touche romantique à l’ensemble. La demeure reflète parfaitement l’esprit de la villégiature aristocratique de la Belle Époque, entre confort, discrétion et lien constant avec le paysage méditerranéen. Y est également adjoint un petit port privé, renforçant son image « pieds dans l’eau ». Ainsi, la villa résulte d’un double mouvement : d’un côté, la vision d’un homme d’affaires de la région cherchant un cadre personnel en bord de mer ; de l’autre, la logique de prestige et de villégiature haut de gamme qui se développe à cette époque sur la Riviera.

Au fil des décennies, la Villa Fleur du Cap voit se succéder une série de propriétaires et d’occupants illustres, qui contribuent à forger sa réputation prestigieuse sur la Côte d’Azur. Après la famille Bounin, la demeure attire l’aristocratie internationale, notamment la Duchesse de Marlborough, née Vanderbilt, cousine par alliance du Premier ministre britannique Winston Churchill, puis le roi des Belges Léopold III, qui y séjourne après son abdication.

Dans les années 1950 à 1970, elle accueille également des figures du cinéma, comme Charlie Chaplin, venu en villégiature, et surtout l’acteur britannique David Niven, qui l’acquiert dans les années 1960. Il apporte à la villa une aura de glamour hollywoodien et une visibilité internationale qui marquent durablement le lieu. Il s’y installe avec sa famille et y réside pendant plus de vingt ans. Sous sa propriété, la villa devient un décor de tournage, notamment pour quelques scènes du film L’Héritier de la Panthère Rose en 1983. Par ce biais, elle entre dans l’imaginaire collectif comme l’un des symboles du style Côte d’Azur chic, préservé et discret

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© Gettimage / Popperfoto

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© Cityxee

Par ailleurs, sa présence attentive à la vie locale, étant volontiers décrit comme amoureux de l’atmosphère villageoise de Saint‑Jean‑Cap‑Ferrat et fréquentant les cafés, boulodromes et restaurants, a renforcé son ancrage dans le lieu. L'actrice américaine Grace Kelly, amie de David Niven, y a diné à de nombreuses reprises avec son mari, le Prince de Monaco. Enfin, l’association de son nom à la villa est pérennisée : la placette jouxtant la propriété porte aujourd’hui le nom dePlace David Niven en hommage à sa longévité dans la commune.

Depuis la fin des années 1990, la villa appartient à l’artiste Ana Tzarev, à l’histoire digne des plus grands comptes de fées. L’histoire début dans une petite ville yougoslave sous la dictature du Maréchal Tito : une jeune femme épouse un commerçant néozélandais, Robert Chandler, qui réussit à développer une chaine de dix magasins. A cette époque, Madame Tzarev conservait dans la salle de bain familiale une photo de la Villa de David Niven, qu’elle présentait comme la maison de ses rêves. Après avoir revendu leur chaine de magasin, le couple s'installe à Monaco. Leurs enfants, financiers très fortunés, décident alors d'offrir à leur mère en cadeau la magnifique villa Fleur du Cap, mise en vente par Hjördis Genberg, veuve de David Niven. A l’orée des années 1990, Ana Tzarev en devient donc propriétaire pour un prix alors estimé autours de 10 millions de livres sterling.

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© Paul Thomas

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© Cityxee

Aujourd’hui, il suffit de naviguer au large de la villa pour comprendre à quel point elle est une des plus belles de la Côte d'Azur. Située à l'extrémité d'un petit cap elle bénéficie d'un port privé. Elle est entourée d'eaux translucides et son parc est agrémenté d'une pergola. Au bout du jardin se trouve la redoutable pointe de "Rompe Talon". Une pointe réputée en cas de tempête car les rares vagues du coin y déferlent. C'est aujourd'hui un spot connu et prisé pour le surf.

En wouffer plus...

Il y a James Bond... et James Bond...

Une statistique a un jour établi que moins de 10% de la population mondiale n'a pas déjà soit entendu le fameux James Bond Theme composé par Monty Norman, vu le logo 007 affublé de son révolver, lu un roman ou vu un film de James Bond. Pourtant, dans le monde cinématographique, tout n'est pas aussi linéaire... 

En effet, Casino Royale a fait l'objet non pas de 2, mais trois adaptations. Nous connaissons la version parodique avec David Niven, l'officielle avec Daniel Craig, mais il existe une première version réalisée pour la télévision américaine au milieu des années 1950 avec Barry Nelson dans le rôle titre.

Par ailleurs, à côté de la franchise mondialement connue, cohabitent deux films : le Casino Royale de 1967, réalisé dans une version parodique par un metteur en scène et un producteur aigris de ne pas avoir trouvé de terrain d'entente avec Albert Broccoli, producteur historique, pour un travail commun, et Jamais plus jamais, réalisé en 1983 par un Irvin Kershner tout juste sorti de l'univers Starwars, pour signer un ultme retour de Sean Connery dans le rôle qui a lancé sa carrière..

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Le saviez-wouf ?

Le cinéma des années 1960 était friand de grosses productions au casting de prestige pour un résultat... pas toujours très heureux... Pour Casino Royale, il faut aimer l'humour britannique poussé à son paroxysme, reléguant l'esprit "Monty Python" au rang de simple produit marketing...

Côté distribution, les producteurs ont fait fort pour ce film: David Niven, Peter Sellers, Ursula Andress (ex James Bond girl de Dr No), Woody Allen, Joanna Pettet, Orson Welles, Daliah Lavi, Deborah Kerr, William Holden, Charles Boyer, John Huston, George Raft, Jean-Paul Belmondo, Jacqueline Bisset ou encore Peter O'Toole... Qui dit mieux ?

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